Le tabac se pare de nouvelles vertus : un outil de plus dans lutte mondiale contre la grippe

Medicago Inc., Québec, Québec

Le tabac sort du purgatoire : preuve a été faite que les plants de tabac pouvaient servir de fabrique sûre pour la production rapide de vaccins en cas de pandémie de grippe, grâce à la société de biotechnologie Medicago Inc., dont le siège se trouve à Québec.

Medicago rachète les fautes du tabac en l’employant comme base de fabrication de vaccins contre la grippe. La société produit à même les plants des particules imitant le virus de la grippe – en particulier ses souches aviaires et porcines –, puis les transforme en vaccins, explique le président et chef de la direction de Medicago, Andy Sheldon.

« Nous utilisons les cellules des plants de tabac pour produire des protéines pouvant être utiles à l’humain », ajoute M. Sheldon. Le procédé est actuellement un des moyens les plus rapides de produire des vaccins. L’ensemble du processus de fabrication d’un vaccin contre la grippe peut s’effectuer en un temps record de 14 jours. En comparaison, il faut six mois si l’on emploie la méthode de fabrication classique dans des œufs.

« La vitesse est essentielle », précise M. Sheldon, quand vient le temps de produire des vaccins, car une pandémie de grippe peut s’étendre à l’ensemble de la planète en six mois. Déjà, de nombreux pays prévoient des retards dans la production des vaccins contre la grippe H1N1, car les fabricants agréés ont du mal à effectuer leur part du travail. La raison de ces retards, explique encore M. Sheldon, est que les vaccins classiques fabriqués dans les œufs le sont à partir de virus entiers modifiés qui ne causent pas la maladie fournis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et que ceux-ci ne constituent que le quart ou la moitié de la production nécessaire totale de vaccins. Les vaccins de Medicago, fabriqués dans des plants de tabac, ne dépendent pas de ces virus entiers. L’entreprise produit ainsi ses vaccins à bon rendement.