L’art de ne pas perdre sa salive

Soricimed, Moncton, Nouveau-Brunswick

La salive qu’excrète la grande musaraigne, un mammifère de la famille des soricidés qui semble tout droit sortie d’un dessin animé, contient un agent paralysant. Cette qualité permet à la grande musaraigne, qui malgré son nom est un petit mammifère, de maîtriser ses proies. Toujours vivante, mais incapable de fuir, la proie demeure fraîchement au garde-manger jusqu’à ce que la musaraigne ait un petit creux.

Alors qu’il était professeur de biochimie à l’université Mount Allison, à Sackville au Nouveau-Brunswick, M. Jack Stewart, Ph. D., s’est lancé dans l’étude et le décodage des propriétés uniques que recèle la salive de la musaraigne et a fini par synthétiser le composant paralysant. On avait pour objectif de départ de s’en servir dans le soulagement de la douleur, mais des recherches approfondies ont permis de trouver à la substance des capacités supplémentaires, notamment dans la lutte contre le cancer. Le traitement élaboré consiste à cibler des canaux calciques qui n’existent que dans les cellules cancéreuses. Le calcium de ces canaux stimule la croissance des cellules cancéreuses. Le médicament de Soricimed enrobe les canaux, ce qui interrompt l’apport en calcium et, en fin de compte, contribue à tuer les cellules. De plus, étant donné que les cellules normales ne possèdent pas ces canaux calciques, elles demeurent intactes. L’entreprise a aussi mis au point une analyse de sang qui permet, en faisant ressortir la présence de canaux calciques, la détection des cancers à un stade précoce.